Voeux pour la nouvelle année

-Cette présence de l’évêque parmi vous à l’occasion de la nouvelle année est déjà traditionnelle. Je viens donc volontiers continuer cette tradition de vous présenter mes meilleurs vœux.

-En fait cette idée de la nouvelle année est une convention humaine. Le passage de la nuit du 31 décembre à l’aube du 1er janvier est égal au passage de n’importe quelle nuit. D’ailleurs, le premier janvier est le Jour de l’An pour le monde occidental-chrétien, puisque les chinois et les indiens ont leur début d’année à eux (et ils sont à eux seuls plus d’un tiers de la population mondiale !!!), mais aussi les juifs, et vous les musulmans, et les boudhistes, et les indigènes aimara en Bolivie… Même le Jour de l’An n’est pas un moment précis géographiquement, puisque quand nous l’avons célébré ici au Maroc, en Australie les gens se trouvaient déjà depuis 10 ou 12 heures dans la nouvelle année, tandis que les américains devaient attendre encore 4, 5 ou 6 heures pour commencer le nouvel an 2020.

-Il y a au moins cinq pays où la nouvelle année ne se célébre pas en ce jour : l’Arabie Saoudite, l’Inde (22 mars dans calendrier hindou), l’Irán, l’Israël et la Chine. Malgré cela le 1er janvier est le jour le plus fêté de la planète, encore plus que le 1er mai.

-Quoi qu’il en soit, le Jour de l’An tel que nous le connaissons est une occasion pour faire le bilan de l’année passée, pas seulement sur le plan économique (nos écoles le font plutôt le mois d’août), mais particulièrement de notre vie personnelle. C’est l’occasion de rendre grâce à Dieu de tous les bénéfices reçus, de demander pardon de nos fautes, de regarder l’avenir avec espérance en prenant des engagements pour nous améliorer.

-Dans ce sens je vous souhaite une année 2020 pleine de paix et de bonheur, d’amour et de bonté, dans vos familles et dans les écoles que vous dirigez. Et je souhaite aussi que vous soyez, chacun, des artisans de cette paix que nous nous souhaitons et des signes et porteurs de l’amour que nous prônons et que nous souhaitons. Soyons avec les autres ce que nous voudrions que les autres soient pour nous, faisons aux autres ce que nous voulons qu’ils nous fassent. Accueil, bienveillance, sympathie, solidarité, entraide, proximité… voilà quelques mots qui devraient se traduire en actes dérivant de l’amour et se traduisant dans le concret.

-Je veux profiter de l’occasion pour faire un petit commentaire au sujet du thème choisi pour cette année : « Notre rôle est d’éveiller les consciences » Au début j’avais pensé qu’il s’agissait d’une phrase très peu pratique, mais en réfléchissant j’ai trouvé qu’elle pouvait se traduire en beaucoup de choses concrètes, très nécessaires dans la situation que nous vivons. En effet, il y a beaucoup de consciences endormies, et même aliénées pour utiliser un mot de la philosophie marxiste.
Je me suis demandé : éveiller à quoi ?
Et voici ma réponse :
1-Éveiller les consciences (les nôtres tout d’abord, celles des professeurs, des enfants et des parents) à la dignité inaliénable de tout être humain.

2-Éveiller les consciences à l’écologie et à la responsabilité de tous quant au destin et à la sauvegarde de notre maison commune qui est la planète (on a fait déjà beaucoup dans ce sens à l’ECAM depuis des années)

3-Éveiller les consciences à la responsabilité sociale de servir la société à travers l’engagement dans les études, le travail professionnelle, l’activité communautaire, associative…

4-Éveiller les consciences à l’action politique, pour ne pas la laisser dans les mains des personnes qui cherchent seulement leur intérêt personnel

5-Éveiller la conscience morale, c’est à dire, éveiller les consciences au bien, à la vérité, à la beauté (l’art, la musique, la nature… les personnes…)

Une expérience : une excursion des élèves du collège de Kénitra… à Kénitra même: nous avons visité, sans descendre du car qui nous y conduisait, différents quartiers de la périphérie, quartiers que nos élèves, nés pour la plupart à Kénitra, n’avaient jamais vu, ni eux ni leurs parents. Ils étaient bouche-bée, abasourdis, stupéfaits… à la vue d’une telle pauvreté, en constatant l’existence –à quelques deux ou trois kilomètres à peine de chez eux- de tels quartiers, de telles maisons, de telles situations.

S.E. le Cardinal Cristobal LOPEZ ROMERO,
Archevêque de Rabat

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